Gilles Paquet

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Gilles Paquet et les médias

A peu près toutes les semaines, au cours des derniers trente ans, Gilles Paquet a été présent dans les médias ou dans des forums publics pour expliquer, commenter, et évaluer de façon critique certains aspects d'un problème d'intérêt public ou pour dénoncer une pathologie administrative ou politique. Dans tous les cas, il a montré qu'on pouvait jeter un peu de lumière sur ces questions à l'aide d'une analyse utilisant l'outillage mental des sciences humaines. Paquet est d'abord et avant tout un spécialiste de sciences humaines dont les intérêts vont de l'économie et les études politiques à la sociologie et aux sciences de la communication, et ses réflexions originales ont souvent eu leur source dans son choix délibéré d'explorer les territoires encore mal arpentés. Il a utilisé ses talents de communicateur pour étendre de manière significative le monde des sciences humaines utiles.

Ce qui a donné à la contribution de Paquet son caractère unique vient de ce qu'il ne s'est pas simplement prêté passivement aux requêtes des médias recherchant explications et commentaires, mais qu'il s'est investi activement dans la création de nouveaux moyens pour les spécialistes de sciences humaines de participer aux débats sur les questions d'intérêt public.

Paquet a mis la main à la pâte et a pratiqué les sciences humaines appliquées dès le début de sa carrière universitaire en s'impliquant dans quatre grands dossiers de politique publique dans les années 1960 et début 1970. D'abord il a fait partie d'une petite équipe qui a travaillé avec le Sénateur David Croll et son Comité du sénat sur le vieillissement - un travail qui devait mener à la création du régime de revenu annuel garanti pour les personnes âgées au Canada. Ensuite, Paquet a travaillé de près avec l'équipe de Claude Castonguay qui a repensé l'assurance-maladie au Québec au milieu des années 1960. Et puis, il a été membre d'un toute petit groupe qui a redessiné le régime canadien d'assurance-chômage entre 1968 et 1972. Enfin, Paquet a été l'un des deux directeurs de recherche du Comité du sénat sur la politique scientifique de Maurice Lamontagne - un comité qui devait ouvrir de nouvelles perspectives à la politique publique au début des années 1970.

A peu près en même temps, fin des années 1960 et début des années 1970, Paquet colligeait deux livres qui devaient rejoindre un auditoire bien plus vaste que celui qui avait été anticipé. Ils traitaient respectivement des problèmes urbains au Canada et des rapports entre firmes plurinationales et états-nations. Ces deux ensembles de problèmes étaient chaudement débattus à l'époque et ces deux livres ont contribué de manière significative à recadrer les débats.

Au cours de la décennie de la fin des années 1960 à la fin des années 1970, Paquet a été très présent dans les médias soit comme interviewé sur nombre de questions techniques soit dans l'écrit comme chroniqueur dans le magazine L'actualité soit dans les colonnes du magazine des omnipraticiens du Québec - Le Médecin du Québec.

La présence de Paquet dans les médias devait s'accroître exponentiellement après cette période d'apprentissage.

De la fin des années 1970 à la fin des années 1980, il fut régulièrement en ondes comme animateur, interviewer et commentateur à une émission hebdomadaire de deux heures à la chaîne nationale de radio de Radio-Canada - Le Magazine économique. Il était responsable d'un bloc d'une trentaine de minutes d'information économique chaque semaine. Au cours de cette période, il a fait des milliers d'entrevues avec des penseurs, des personnages politiques, des praticiens et des leaders d'opinion.

Au cours de la même période, et en parallèle avec sa participation à l'émission Le Magazine économique, Paquet menait de front deux autres projets avec Radio-Canada.

D'abord, au début des années 1980, il a écrit et animé une série de 25 émissions d'une heure présentant une histoire économique du Canada. Cette série était construite sur son enseignement universitaire dans cette matière mais aussi sur une cinquantaine d'entrevues avec des spécialistes de par le monde. La transcription de cette série d'émissions (plus de 500 pages) a été vastement distribuée par milliers de copies par Radio-Canada et a été utilisée vastement dans les cours universitaires sur ce sujet au Québec.

Ensuite, Paquet fit dans les années 1980 une série d'entrevues avec les économistes du Québec (les plus vieux, les plus jeunes, ceux qui étaient venus de l'étranger et qui avaient eu un impact important, certains maquisards aussi qui avaient contesté la pensée économique). Cela mena à la publication en 1988 du seul livre qui existe sur la pensée économique au Québec français.

Après une année comme co-animateur d'une émission hebdomadaire d'affaires publiques diffusée en direct sur le réseau national de télévision de Radio-Canada, Paquet entreprit dans les années 1990 de diversifier vastement sa contribution à la diffusion des idées et des «manières de voir» des sciences humaines.

En plus d'être interviewé régulièrement à la radio et à la télévision en anglais et en français, et d'être présent dans une multitude d'autres forums, Paquet (1) participe régulièrement à des panels de discussion au réseau national anglais de la radio de Radio-Canada d'abord à l'émission Morningside de Peter Gzowski pendant un moment, puis à l'émission STUDIO TWO de TV Ontario de 1995 à aujourd'hui; (2) Paquet devient éditorialiste au quotidien Le Droit et signe des centaines d'éditoriaux entre 1992 et 1997; (3) Paquet devient aussi chroniqueur dans un magazine économique régional - Le Lien économique - et produit plus de 75 chroniques entre 1993 et 2002; (4) Paquet va aussi de manière épisodique produire des articles pour The Ottawa Citizen, La Presse, Le Devoir, et The Hill Times; (5) finalement, en 1994, Paquet devient le rédacteur en chef de OPTIMUM (qui deviendra plus tard www.optimumonline.ca) et en fait l'un des plus importants et des plus lus des magazines/revues de management public au Canada.

Plus récemment, Paquet persuadait Radio-Canada de mettre en ondes une chronique GOUVERNANCE à l'émission matinale diffusée à la chaîne nationale de radio de Radio-Canada - INDICATIF PRESENT. Les deux douzaines de chroniques diffusées entre janvier 2002 et juin 2003 sont disponibles en ligne via hyperlien à travers www.gouvernance.ca et ont maintenant été compilées dans un petit livre intitulé PATHOLOGIES DE GOUVERNANCE qui devrait être publié à l'automne de 2003.

Ces contributions formelles à travers les médias ne constituent cependant que la pointe du iceberg. Paquet a aussi, au cours des dernières trente années, produit une multitude de mémoires, de conférences, de sessions de formation, de vidéos, et de commentaires présentés à un éventail d'auditoires locaux, régionaux, nationaux et internationaux.

Une telle présence sur la place publique a fait de Gilles Paquet un personnage connu d'un océan à l'autre. Voilà qui l'a aidé à répandre à travers le pays les résultats de recherches qui ont par ailleurs reçu de nombreuses accolades au Canada et ailleurs y compris l'Ordre du Canada et la Présidence de la Société Royale du Canada. Il a aussi trouvé le temps au cours de ces trente ans d'être Doyen à deux universités, de gagner des prix comme enseignant de haute tenue, de servir de conseiller et de consultant pour divers ministères et agences, et d'enseigner dans d'autres institutions comme le Centre canadien de gestion.

Comme Gilles Paquet a choisi de s'exprimer fermement dans un grand nombre de forums, il a évidemment été mêlé à de nombreuses controverses et s'est donc attiré aussi de vives critiques. On peut cependant dire qu'il a rarement participé à un débat - et il y en a eu plusieurs - sans l'éclairer de manière significative par ses analyses et commentaires.

Robin Higham et Christopher Wilson
Centre d'études en gouvernance
Juin 2003